Réveille-toi Laodicée !
N°2 - Juillet 2004

Laodicée aujourd’hui
« Nous vivons les derniers jours de la
dispensation. Le jugement nous attend, nous avons le choix entre le
jugement et le réveil, la miséricorde ou la colère. Si nous n'acceptons
pas la miséricorde, il nous faudra alors subir le jugement. Seul le
réveil peut nous sauver en tant qu'individu mais aussi en tant
qu'église. Nous n'avons pas d'autre choix. Il en est ainsi depuis des
siècles et il en sera toujours ainsi: jugement ou réveil. »
Oswald Smith
Cette revue a pour but de nous amener plus près du
Seigneur Jésus, de nous aider à réaliser que: « Jésus lui dit: Si
tu peux !... Tout est possible à celui qui croit. » - (Marc 9:23).
Que l’expérience de nos « aînés » dans la foi nous encourage à
aller de l’avant pour la seule Gloire de notre Dieu.
Nous sommes un groupe de chrétiens qui ont réalisé
leur tiédeur, leur manque de communion avec le Saint-Esprit, le besoin
de venir entièrement et complètement à Jésus, à l’exemple de « nos aînés
dans la foi. »
« Et Jésus lui dit : Va, et toi, fais de même. »
- Luc 10.37b
1. Le message du mois :
"Voici je connais tes oeuvres" - Apocalypse 3:14
2. La biographie du mois : Erino Dapozzo
3. Ses paroles : « Entrez par la porte étroite! »
4. Bibliographie
"Ecris aussi à l'Ange de l'Eglise de Laodicée :
l'Amen, le témoin fidèle et véritable, le commencement de la créature de
Dieu, dit ces choses. Je connais tes œuvres, c'est que tu n'es ni froid,
ni bouillant; « ô si tu étais ou froid, ou bouillant ! Parce donc que tu
es tiède, et que tu n'es ni froid, ni bouillant, je te vomirai de ma
bouche. Car tu dis: je suis riche, et je suis dans l'abondance, et je
n'ai besoin de rien; mais tu ne connais pas que tu es malheureux,
misérable, pauvre, aveugle et nu. Je te conseille d'acheter de moi de
l'or éprouvé par le feu, afin que tu deviennes riche; et des vêtements
blancs, afin que tu sois vêtu, et que la honte de ta nudité ne paraisse
point; et d'oindre tes yeux de collyre, afin que tu voies. Je reprends
et châtie tous ceux que j'aime ; aie du zèle, et te repens. Voici, je me
tiens à la porte, et je frappe: si quelqu'un entend ma voix, et m'ouvre
la porte, j'entrerai chez lui, je souperai avec lui, et lui avec moi.
Celui qui vaincra, je le ferai asseoir avec moi sur mon trône, ainsi que
j'ai vaincu, et je suis assis avec mon Père dans son trône. Que celui
qui a des oreilles, écoute ce que l'Esprit dit aux Eglises. »
Nous sommes entrés dans
les derniers jours de la dispensation. La fiancée, l'Eglise doit se
préparer pour les noces car son époux va venir la chercher. Regardons
cette fiancée attentivement. Nous nous attendons à voir une belle jeune
fille, toute apprêtée, qui, le cœur battant, attend impatiemment Celui
que son cœur aime!
Et Oh stupeur! Que
voit-on? Une femme malheureuse, misérable, pauvre, aveugle et nue! Quel
spectacle! Voici l'Eglise des derniers jours.
Le Seigneur qui lui,
regarde au cœur sait, oui, il sait et ceux à qui il a bien voulu le
révéler le savent aussi "car le Seigneur l'Eternel ne fait rien sans
avoir révélé son secret à ses serviteurs les prophètes" Amos
3:7. Le Seigneur sait que son Eglise n'est ni froide ni
bouillante et ses serviteurs les prophètes aussi. Vous le savez ? Alors
vous êtes un serviteur réveillé.
Qu'est ce quelqu'un
froid?
Un froid c'est un
incrédule comme le fut Jacob à un moment de sa vie :" Ils lui dirent:
Joseph vit encore, et même c'est lui qui gouverne tout le pays d'Égypte.
Mais le cœur de Jacob resta froid, parce qu'il ne les croyait pas."
Genèse 45:26
L'Eglise d'aujourd'hui
est-elle froide? Non, elle croit que Jésus vit encore et gouverne le
pays.
Qu'est ce quelqu'un
de bouillant?
C'est quelqu'un qui est
consacré à l'Eternel et qui se tient toujours devant sa face à l'image
des pains de proposition qu'on plaçait devant l'Eternel : "Alors le
sacrificateur lui donna du pain consacré, car il n'y avait là d'autre
pain que du pain de proposition, qu'on avait ôté de devant l'Éternel
pour le remplacer par du pain chaud au moment où on l'avait pris."
1 Samuel 21:6
L'Eglise d'aujourd'hui
est-elle bouillante? Est-elle consacrée et toujours devant la face de
l'Eternel? Non.
Qu'est ce quelqu'un
de tiède?
C'est quelqu'un qui
n'est ni froid ni bouillant. Ni totalement incrédule ni totalement
consacré. Il est un peu incrédule et un peu consacré.
Quelqu'un s'est-il déjà
demandé ce que pouvait ressentir le Seigneur à la vue de nos vies?
Et bien moi oui. Un
jour j'ai fait cette prière (je m'en souviendrai toute ma vie) Seigneur
dis-moi ce que tu penses de nous (Eglise de France aujourd'hui) et la
réponse me fit presque tomber de ma chaise.
Mari que penseriez vous
de votre femme si elle était sale et négligée, vous sollicitant
uniquement pour obtenir quelque chose de vous et passant le reste de son
temps dans les futilités et les plaisirs qu'offre un autre homme (votre
ennemi).
Imaginez une seconde le
cœur de notre Seigneur qui se serre, ses yeux qui se remplissent de
larmes à la vue de son Eglise sale (pour cause de péchés non confessés)
négligée (dans son travail d'évangélisation et de sanctification)
intéressée (uniquement par les bénédictions) et passant son temps à
jouir des plaisirs du monde (cinéma, télévision, loisirs, fêtes, excès
en tout genre)
Le Seigneur pleure mes amis, et il
cherche quelqu'un pour pleurer avec lui et pour intercéder. Voulez-vous
être celui ou celle là?
Nous sommes tièdes
frères et sœurs, ayons l'honnêteté de le reconnaître. Repentons-nous et
n'oublions pas que Dieu reprend et châtie ceux qu'Il aime. Ayons du
zèle, repentons-nous. Si nous ne le faisons pas, la suite vous la
connaissez! Il nous vomira de sa bouche.
"Vous observerez mes
lois et mes ordonnances (---) Prenez garde que le pays ne vous vomisse,
si vous le rendez impur (---) Je suis l'Éternel, votre Dieu."
Lévitique 18
La tiédeur équivaut à
la négligence. Souvenez-vous donc de ce terrible avertissement:
"Maudit soit celui qui fait avec négligence l'œuvre de l'Éternel"
Jérémie 48:10
"Maintenant, mes
fils, cessez d'être négligents; car vous avez été choisis par l'Éternel
pour vous tenir à son service devant lui, pour être ses serviteurs, et
pour lui offrir des parfums."
2 Chroniques
29:11
Que celui qui a des
oreilles entende ce que L'Esprit dit à l'Eglise. Amen!
D.M
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Erino Dapozzo est
Italien, originaire de Gênes. Il est né en 1905, marié à une Suissesse
et il a 5 enfants.
Son père est venu en
Suisse comme bien d'autres parce qu'il n'y avait pas de travail en
Italie. Ils se sont installés à Moutier. Ils ont travaillé au tunnel
"Moutier et Grange" c'étaient les Italiens, les étrangers qui
construisaient ce tunnel, un travail dangereux. M. Dapozzo père s'est
marié à une Suissesse une fille de Moutier. Elle s’est convertie dans
l'église de Moutier, cela a engendré de la tension dans la famille, le
père Dapozzo était d'origine catholique... Ce serait trop long à
raconter jusqu'au jour où enfin, lui aussi s'est converti. C'était une
belle famille de chrétiens. Mais il y a eu cette crise dans les années
1920 22 23: plus de travail, surtout pas pour des Italiens. Ils auraient
pu bénéficier de la Caisse de chômage, mais leur fierté de travailleurs,
leur orgueil d’Italiens les a amenés à refuser: "Nous, on veut
travailler !"
Alors, ils sont partis
en France, là où il y avait tous ces villages détruits par la Première
Guerre mondiale qu'il fallait reconstruire. Après la journée de travail,
le soir, avec un petit sac, le père et les enfants allaient distribuer
des traités, ils évangélisaient. Erino avait 16,18 ans.
Ils ont déménagé dans la banlieue
parisienne et se sont construit une petite maison, puis ont réussi à
monter une entreprise de construction, eux, les Dapozzo. Et à côté de
cela, ils évangélisaient. Ils avaient fait une salle de réunions dans
leur maison. Il y a eu là une assemblée qui existe encore aujourd'hui,
une belle assemblée qui était une grande bénédiction. Ils ont construit
une nouvelle chapelle.
Puis est venue la
Deuxième Guerre mondiale, l'occupation allemande. Erino parlait
allemand, parce qu'il avait fait des séjours en Suisse allemande chez
des paysans. Alors les Allemands l’ont repéré et lui ont demandé de
faire des traductions entre le maire de Palaiseau, les autorités et ceux
de l’Occupation. Il a eu accès à certains documents. Il voyait que
certaines personnes étaient dénoncées par d'autres; ils se dénonçaient
d'une famille à l'autre et puis ils dénonçaient les Juifs, etc... Et
lui, par derrière, il allait les avertir: «Attention, vous avez été
dénoncés, demain matin les Allemands vont venir vous prendre et puis,
ils vont vous déporter, alors si vous voulez, vous avez juste le temps
de fuir». En même temps il leur parlait de sa foi. Jusqu'à ce qu'il soit
tombé sur une famille française dont il avait sauvé le père. Le fils
était jaloux de son père. Il a su ce que Dapozzo avait fait, et il l'a
dénoncé. Il a été arrêté et condamné à mort et c'est seulement parce
qu'ils avaient quatre enfants Marguerite était enceinte du 4ème qu'il a
été déporté au lieu d'être exécuté.
Il raconte toute cette
histoire dans le livre : «Hambourg». Il a écrit tout un manuscrit sur
cette vie.
Dans le camp, en
Allemagne, ils lui ont cassé trois fois le bras à coups de matraque. Et
puisque ceux qui ne pouvaient plus travailler étaient tués, il a demandé
à un camarade de lui attacher la pelle au bras, à trois endroits, pour
qu'il puisse quand même travailler dans la mine et échapper à la mort...
Sans soins, sans aucun
médicament, cela était terrible. Et là il dit que le Seigneur a guéri
son bras. Pour lui, c'était un miracle.»
Erino est Italien, mais
il est né à Moutier, il a grandi en Suisse, sur les bancs d'école,
chanté les chants patriotiques suisses; il était plus Suisse que
beaucoup de Suisses... Sa femme était Suissesse; lui né en Suisse, cinq
enfants suisses et il était considéré comme un indésirable, un étranger,
à cause de sa foi...
Madame Dapozzo l'a aidé. A l'époque,
les Italiens étaient considérés un peu comme des gens du sud, des gens
primitifs, des gens "de 2ème classe".
Quand le Seigneur a uni
ces deux vies et que dans sa famille, dans l'assemblée, dans la région,
on a appris cela, elle a été prise à partie...
Il est venu en Suisse
la chercher, pour l'épouser, et puis elle a accepté d'aller avec lui en
France, malgré toutes les oppositions.
Je vous l'assure, elle
a eu du courage, c'était vraiment parce qu’elle l'aimait et qu'elle
voulait partager sa vie au service de Dieu. Elle a accepté bien des
renoncements, c'était une vie de combats, de luttes, mais aussi de
bénédictions. Ils ont eu une vie très dure.
Quand ils se sont
mariés, la veille de sa venue en Suisse, c'est à dire un ou deux jours
avant le mariage, le rendez vous était pris pour l'état civil et pour le
mariage religieux. Et il n'avait pas l'argent du voyage.
Il n'y avait pas
l'argent du voyage, il n’y avait pas de meubles, il n'y avait rien !
Après avoir travaillé si dur pendant tant d'années Erino était l'aîné de
la famille. Pour finir quelqu'un leur a avancé l'argent du billet. Mais
il n'avait pas d'habits de cérémonie! C'est elle qui, ayant travaillé, a
pu lui fournir ce qu'il fallait. Il en a souffert dans sa légitime
fierté d'homme.
Comme les gens savaient
qu'ils étaient chrétiens, ils ne payaient pas leurs factures! La famille
Dapozzo ne recevait donc qu'une partie de ce qui lui était dû, ils
arrivaient juste à vivre, à vivoter.
Notons aussi le dur
combat que mena Madame Dapozzo durant la Deuxième Guerre mondiale, où
séparée de son mari déporté en Allemagne, elle resta seule avec quatre
enfants, d'abord en France; puis en 1944 elle revint en Suisse où elle
fut rejointe par son mari l'année suivante grâce à une permission
providentielle, tout à fait exceptionnelle, accordée par Himmler lui
même.
Le frère Dapozzo a travaillé à plein
temps dans le ministère seulement après la guerre ; avant c'était
toujours en plus du travail professionnel ! Il a fait des réunions
clandestines d'abord, puisqu'on lui avait interdit de parler. Les gens
l'invitaient et il allait clandestinement dans les maisons pour tenir
des réunions.
C'est après son retour
du camp de concentration qu'il est entré à plein temps dans l'œuvre de
Dieu.
C'était un homme joyeux
avant tout, très épanoui ! Ce qui l'attristait, par contre, c'était de
voir la cadette de la famille ne pas vouloir marcher dans les voies du
Seigneur. Cela a été toujours un grand fardeau pour lui. On en a parlé
souvent, jusque sur son lit de mort, il l'a fait venir encore, j'étais
présent, il lui a parlé.
Il a aussi connu le
mépris, l'incompréhension, beaucoup d'incompréhension...
Mais une autre source
de grande souffrance c'était aussi, bien sûr, ce qui se passait, ce qui
se passe encore aujourd'hui, dans les églises: la mondanité, la
superficialité, l'amour de l'argent, le matérialisme... Cela le faisait
souffrir beaucoup.
Il y a eu aussi ses
combats en Italie, contre le clergé, qui lui en a fait voir de toutes
les couleurs... Mais çà, c'était peu. Il souffrait beaucoup plus de tous
les problèmes qui agitaient les églises.
Il était tout à fait
désintéressé et très sérieux. Il contrôlait avec soin les dépenses;
ainsi, il a pu acheter et donner 27 tentes dont une quinzaine aux
églises pentecôtistes d’Italie. Ce ne sont pas des petites tentes de
camping, ce sont de grandes tentes d'évangélisation de 200 800 1000
places. C'est qu'il travaillait du Nord au Sud de l’Italie avec les
évangélistes. Il aurait pu faire une mission sous tente «Dapozzo», mais
il n'a jamais voulu faire ainsi.
Il repérait sur place,
en Italie, un chrétien authentique, qui voulait faire quelque chose, un
missionnaire, un pasteur qui n'avait pas d'outil, pas de moyens, juste
de quoi vivre alors nous lui donnions une tente, quelle que soit sa
dénomination :
"C'est à vous", disait
il !
Ils lui disaient: "On
t’écrira !"
"Non, non, faites rapport au
Seigneur. Vous êtes responsables devant Dieu. Non, pas de rapport à
m'envoyer, cela vous appartient".
Il travaillait
librement avec une grande bénédiction. Voilà le genre d'homme que
c'était, tout à fait désintéressé. C'était l'affaire du Seigneur, pas
son affaire.
Dans la main du Seigneur jusqu'à la fin
Après sa maladie, il a
remonté la pente, il s'est remis, même si ce n'était pas à cent pour
cent. Il était complètement paralysé, mais il a réappris à marcher. Ils
habitaient là haut, chez des amis, parce qu'il avait quand même besoin
de soins, et sa femme ne pouvait pas le soigner toute seule. Et là, il
se remettait, il récupérait bien des forces, et voilà que tout d'un
coup, un jour, il a eu des maux de ventre terribles. Ils ont tout de
suite avisé le médecin qui est venu. Et il a dit : "C'est très très
grave ! Il faut tout de suite l'hospitaliser". Ils ont fait des
analyses. Et ils ont dit : "C'est une question d'heures. On ne sait pas
exactement ce qu'il y a, mais dans l'état de faiblesse où il est, il y a
de grands risques, il faudrait tout de suite l'opérer pour voir ce qu'il
y a, mais on ne peut pas vous garantir qu'il supporte cette opération".
Alors tout de suite, ils ont fait venir toute la famille, pour décider :
Qu'est ce qu'on va faire ? Est ce qu'on prend le risque de l'opérer, ou
bien... ?»
Certains disaient :
"Mais c'est sûr qu'il faut tenter..." Et d'autres disaient : Il faut
demander à Erino. C'est lui qui doit décider, puisqu'il est lucide, tout
à fait lucide. Erino, c'est toi qui dois dire ! On va prier, mais c'est
toi qui diras ce qui doit se faire."
Alors on a prié ensemble. Il a
d'ailleurs voulu me téléphoner tout de suite, j'étais à Berne. Il
voulait aussi absolument que je sois avec eux. Cela m'a fait plaisir! Et
puis, il a dit: «Chers enfants, chère famille, je ne veux pas qu'on
m'opère. J'ai travaillé pour le Seigneur, toute ma vie lui a été
consacrée, je suis dans sa main ; le Seigneur peut faire un miracle
comme il en a fait souvent dans ma vie, il peut le faire instantanément,
et puis sinon, si c'est l'heure qu'il me rappelle, et bien, moi,
je me réjouis d'arriver dans sa présence".
Alors, ils ont dit au
médecin : "C'est tout clair. Nous nous soumettons à sa décision. C'est
lui qui l'a décidé comme çà, alors on renonce."
Et puis, trois quart
d'heure après, il partait. Amen
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Entrez par la porte
étroite! Je l'ai fait à l'age de 13 ans. Quand je pense à ma famille, à
ce que nous étions, je vais vous en parler. Vous allez vous dire vous
avez toujours été des gens très religieux chez vous! Ce n'est pas le
cas.
Nous sommes une famille qui vient de
Genova, Gène, nous étions des gens très, très nobles, Dapozzo: Du Puit,
et des gens très riches, les aïeux avaient une flotte et se sont alliés
avec Napoléon contre les anglais, ils ont tout perdu en mer et ont dû
partir à l'étranger. Ils sont partis de Gène avec deux sacs: un sac de
péchés et un sac de haine, c'est tout ce qu'il restait et ils ont dit:
on ira plus jamais à Genova, fini, nous partons! Et là bas à l'étranger,
on a vécu sans Dieu. Je me souviens très bien à l'age de 4 ans, quand on
avait nos réunions de famille, nous avions une grand-maman qui savait
très bien faire les raviolis, et alors elle venait nous voir le samedi
et disait à tous les parents, les oncles et les tantes, venez chez moi
demain on fait des bons raviolis. Comme nous étions amateurs de
raviolis, toute la bande Dapozzo courait chez la grand-mère pour les
raviolis, on mangeait beaucoup de raviolis et on buvait beaucoup
d'alcool malheureusement!
Alors avec cet alcool
cela donnait une atmosphère joyeuse comme le monde, sans le bonheur, et
on commençait à jouer aux cartes. Ensuite ils commençaient à se disputer
et c'est là que j'ai vu pour la première fois, les premières soucoupes
volantes, pas celles des Américains ou des Russes, celles du grand-papa.
Quand mon grand-père était en colère il jetait toute la vaisselle par la
fenêtre, épouvantable, une vie sans Dieu! Et après ils se chamaillaient
et tous les Dapozzo boudaient, chez nous on est des spécialistes
boudeurs, on ne se saluait plus dans la rue de toute la semaine et le
samedi, elle revenait la grand-maman et elle disait venez chez moi
demain je fais des bons raviolis! C'était la réconciliation des
raviolis! On repartait de nouveau, les assiettes volantes et puis la
bagarre et voilà tout le bonheur qu'on avait. Et ma chère maman
cherchait sa voie, elle se disait: "mais pourtant il doit y avoir
quelque chose, il y a un Dieu", elle cherchait, et un jour elle trouva.
Elle trouva dans la boite aux lettres une feuille de papier, c'était une
invitation pour aller écouter une évangélisation, et nous on a pensé:
qu'est ce que c'est que ça une évangélisation! Qu'est ce que ça veut
dire? Et on a même pensé qu'on était les seuls invités, tout heureux
tout fiers! Et nous sommes allés à cette réunion ma chère maman, mon
frère André et moi. Et pour la première fois, nous avons entendu la
Parole de Dieu. Alexandre Morel, le pasteur a dit: "Convertissez-vous,
entrez par la porte étroite!" Et nous, nous avons regardé dans cette
église où était la porte étroite! Y'en avait pas! On n'a pas compris. Et
pour terminer, ce pasteur a dit après sa prédication: "le sang de
Jésus-Christ, Son Fils, nous purifie de tout péché." Et qu'arriva-t-il ?
Un miracle! Ma chère maman a trouvé sa voie, elle est restée avec le
pasteur, a eu un entretien et s'est convertie. Elle était obéissante à
la Parole de Dieu, elle est repartie avec la paix dans son cœur. "Mes
péchés sont pardonnés et mon nom est écrit dans le livre de vie"
a-t-elle dit! Le lendemain matin à 6h00, au petit déjeuner, ma mère a
dit: "halte, à partir d'aujourd'hui, chez nous, avant de manger, on fait
la prière". La prière?
Mais qui va faire la
prière, il n' y a pas de pasteur on a pensé nous? Et pour la première
fois, maman a prié avec nous à table, et nous les enfants, émus, nous
avons tous pleuré. C'était la première fois qu'on priait chez nous. Mon
père s'est mis en colère et a dit: "Anna, chez nous pas de prière! Je te
le défends!" Et ma mère a répondu: "Ernest, chez nous on fera la prière
tous les jours à table que tu le veuilles ou non! Il est dit dans la
Bible: "femmes soyez soumises à vos maris", mais dans le
Seigneur, pas dans la stupidité!" Elle a prié malgré l'interdiction. Le
père nous avait interdit d'aller au culte et à la réunion. On
désobéissait au père Dapozzo chez nous, et quand on rentrait le soir
après la réunion du mercredi, chez nous la porte était fermée à clés et
on devait coucher dehors. Le père Dapozzo voulait nous dresser et on est
devenu très intelligent, car quand on devient chrétien on devient très
intelligent! Quand on partait à la réunion, on partait avec des
couvertures de laine à l'église. Et le lendemain matin, nous étions en
bas de l'escalier et le père Dapozzo allait travailler. A midi, il
rentrait, et j'avais 7 ans à cette époque là, et je me disais: on a
couché dehors qu'est ce qui va se passer? Elle va encore bouder la mère
Dapozzo? C'est fini avec les bouder, toutes choses étaient devenues
nouvelles! Ma mère alla à sa rencontre, elle l'embrassait et disait:
"bonjour Ernest, viens donc te mettre à table, tu es fatigué, tu as bien
travaillé et tu sais quoi? J'ai fait des raviolis!" C’était la vengeance
de la mère Dapozzo! Le plat préféré du père Dapozzo, des raviolis! Un
jour, il a dit à ma mère: "si tu vas écouter le pasteur Morel ce soir,
quand tu rentres, je te tue!" Vous savez les génois, ils sont violents!
Et la mère nous a répondu: "venez les enfants, on va à l'église." Et on
est parti. Je me souviens toujours de cette cour, la nôtre, la porte
était ouverte ce soir là et il y avait de la lumière en haut. On s'est
mis à genoux dans la cour et ma mère a prié et chanté un cantique avec
nous. Après, on a monté les escaliers, la mère d'abord, et nous
derrière. Et là haut, nous attendait le père Dapozzo avec un grand bâton
dans la main. Et bien, il n'a pas pu frapper ma mère, Dieu l'en a
empêché.
Il a fallut que mon
frère André meure pour que mon père vienne à Jésus. Il avait 9 ans et il
était un enfant de Dieu. Et oui à 9 ans, c'est possible! Il avait
l'assurance de la vie éternelle et du pardon des péchés. Il tomba malade
3 jours de temps, le troisième jour il était mourant. On était tous dans
sa chambre. Il a dit: " je vais voir mon sauveur face à face "et il a
dit encore, "papa je ne te vois pas mais je te dis ceci, viens à Jésus
comme la maman, convertis toi, change de vie", puis il a dit: "maman bon
courage, il viendra." Et après avoir chanté un cantique il a dit: "O
Seigneur, je te vois, je viens à toi." Le dimanche suivant, nous sommes
partis au cimetière et l'après-midi mon père a dit à ma mère: "alors
Anna, vous y allez ce soir là-haut? (là-haut c'était l'église). Et elle
a dit: "oui, nous y allons." Et le papa a dit: "ce soir, je vous
accompagne." Il est venu avec nous et là, devant la chapelle, il a dit:
"je ne suis pas si mauvais que ça!" Mais ensuite dans la chapelle, Morel
a parlé et a dit: "aujourd'hui tout le monde veut être un chrétien,
personne ne veut être un païen, non! Que fait un chrétien? Un chrétien
lit sa bible." Alors le père Dapozzo a commencé à se cacher derrière les
gros dos de ces messieurs. "Et que fait un chrétien? Un chrétien prie!"
Et mon père était déjà liquidé, c'était fini! Et pour terminer Morel a
dit: "dans cette assemblée y a-t-il quelqu'un parmi nous ce soir qui
veut donner sa vie à Jésus-Christ?" Tout était calme, et le père Dapozzo
s'est levé et il a dit: "moi, monsieur le pasteur", et il s'est levé
devant tout le monde. Et chez nous ça a changé, toutes choses sont
devenues nouvelles.
Un soir, ma maman m'a dit: "Erino, il
manque 20 centimes pour acheter un kilo de pain, prends en seulement 1
livre." Il y avait 5 petits gamins à la maison! Puis je suis parti vers
le village et là, en route, j'ai dit: "je vais faire la prière", j'ai
regardé à droite à gauche pour voir s'il n'y avait personne, puis j'ai
fait ma prière à peu près comme ça: "Seigneur Jésus, moi je ne suis pas
ton enfant", je le savais que je n'étais pas son enfant, mon petit cœur
n'était plus si beau que ça et si propre!
Mais je disais:
"Seigneur, la maman c'est ton enfant, elle, donne moi 20 centimes, Tu es
puissant! Tu es riche! Tout t'appartient! Alors les 20 centimes, tu peux
me les faire trouver." Il y avait quelques cailloux au bord de la route,
et j'ai dit: "Seigneur, peut-être sous cette pierre, la plus grande!" Et
j'ai soulevé, et sous cette pierre il y avait 20 centimes. Quand j'ai eu
cette pièce de 20 centimes, j'ai eu une joie débordante, et puis d'un
seul coup j'ai eu peur, pour la première fois, étant enfant, j'ai vu la
grandeur de la sainteté de Dieu. Et j'ai pensé si Dieu voit les besoins
de ma mère jusqu'à 20 centimes, il voit aussi dans mon cœur! Et là, j'ai
dit: "Seigneur pardonne-moi mes péchés". Et je suis retourné à la maison
avec mon kilo de pain et j'ai tout dit à la maman et elle a dit: "Erino,
quand tu seras plus grand tu seras évangéliste." J'ai dit: "non
footballeur, footballeur! Maman, surtout ne prie pas pour que je
devienne évangéliste." Car j'avais des grandes qualités de footballeur.
C'était épouvantable! Et puis la maman a quand même prié, et puis je
suis quand même devenu un évangéliste, c'est elle qui a gagné. On peut
tout vaincre par la prière.
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04 juillet 2004