Cet article est extrait de la revue "Serviteur de
Dieu"
B.P.13598
31035 TOULOUSE Cedex 1
France
http://pro.wanadoo.fr/serviteur.de.dieu/
Vous pouvez demander l'exemplaire contenant cet article en écrivant
à l'adresse ci-dessus ou à serviteur.de.Dieu@evangile.net
Merci au frère Jean Ollé, directeur de la publication
de cette revue, pour son aimable autorisation.
Le Dilemne
de l'Évangélisation
On rencontre aujourd'hui un curieux problème dans le milieu évangélique,
un de ces problèmes qui posent à l’Église en général
et au croyant en particulier des questions qui font réfléchir.
En bref, le problème est le suivant : on a mobilisé une
grande armée de gagneurs d’âmes pour attirer les gens à
Christ.
Ils sont sérieux, zélés, enthousiastes et persuasifs.
On peut dire au moins une chose à leur crédit, c’est
qu'ils sont au travail. Le nombre incroyable de conversions qu’ils accumulent
est l’un des phénomènes de notre époque. Jusque là,
tout semble positif.
Mais le problème est celui-ci.
Les conversions ne tiennent pas, le fruit ne dure pas.
Six mois plus tard, il ne reste plus rien de toute cette évangélisation
agressive.
La technique de présenter l’Évangile comme une simple
pilule à avaler pour gagner des âmes a produit des enfants
mort-nés.
Qu'est-ce qui se cache derrière tout ce manque de soin pour
amener les âmes à la nouvelle naissance?
Chose étrange, le point de départ est la détermination
valable de prêcher le pur Évangile de la grâce de Dieu.
Nous voulons garder le message simple et nous ne nous encombrons pas
à suggérer que l'homme ne peut jamais gagner ou mériter
la vie éternelle.
La justification est par la foi seule, sans les oeuvres de la loi.
Par conséquent, le message est : « Croyez seulement. »
De là nous réduisons le message à une formule
abrégée.
Par exemple, le processus d’évangélisation est amputé
et réduit à quelques questions et à quelques réponses
de base comme celles qui suivent :
« Est-ce que vous croyez que vous êtes un pécheur
?
- Oui.
- Est-ce que vous croyez que Christ est mort pour les pécheurs
?
- Oui.
- Est-ce que vous l’acceptez comme votre Sauveur?
- Oui.
- Alors vous êtes sauvé !
- Vraiment ?
- Oui, la Bible dit que vous êtes sauvé. »
A première vue, la méthode et le message peuvent paraître
au-dessus de toute critique.
Mais une étude plus approfondie nous amène à revoir
nos pensées et conclure que nous avons trop simplifié l'Évangile.
La première faille fatale est le manque total d’insistance
sur le repentir.
Il ne peut y avoir aucune vraie conversion sans conviction de péché.
C'est une chose que d’accepter que je suis un pécheur, c'est
tout à fait autre chose que d’éprouver la conviction de péché.
C'est une chose que d’accepter que je suis un pécheur, c'est
tout à fait autre chose que de ressentir dans ma vie la conviction
de péché qui vient du Saint-Esprit.
Tant que l’Esprit n’a pas agi en moi pour me faire prendre conscience
de mon état de complète perdition, je ne peux jamais expérimenter
la foi qui procure le salut.
Il est inutile de dire à des pécheurs qui n’ont pas reçu
la conviction de péché de croire en Jésus car ce message
est seulement pour ceux qui savent qu'ils sont perdus.
Nous faisons passer l'Évangile comme on fait passer une pilule,
quand nous n’insistons pas sur la chute de l’homme et de sa condition sous
l’emprise du péché.
Par ce genre de message édulcoré, les gens reçoivent
la Parole avec joie au lieu de la recevoir avec une profonde contrition.
Ils n'ont pas de racines profondes, et bien qu’il leur soit possible
de tenir un certain temps, ils abandonnent bientôt toute profession
de foi quand survient la persécution ou l’épreuve (Mat. 13:21).
Nous avons oublié que le message est aussi bien la repentance
devant Dieu, que la foi dans notre Seigneur Jésus-Christ.
Une seconde omission sérieuse est le manque d’insistance sur
la Seigneurie du Christ.
Une acceptation intellectuelle légère et joviale que
Jésus est Sauveur passe à côté du message de
l’Évangile.
Jésus est premièrement Seigneur, il est ensuite Sauveur.
Le Nouveau Testament le présente toujours comme Seigneur avant
de le présenter comme Sauveur.
Est-ce que nous présentons aux gens ce qu’implique totalement
Sa Seigneurie.
Lui l’a toujours fait.
Un troisième défaut dans notre message est notre tendance
à garder caché ce que signifie être disciple, et
ce jusqu'à ce qu'une décision ait été prise
pour Jésus.
Notre Seigneur n'a jamais fait cela.
Le message qu'Il prêchait incluait aussi bien la croix que la
couronne.
"Il n'a jamais caché Ses cicatrices pour gagner des disciples."
Il proclamait le pire en même temps que le meilleur, puis Il
demandait à ceux qui l’écoutaient de calculer ce qu’il leur
en coûterait d’être disciple.
Nous rendons le message populaire et nous promettons de l’amusement.
Le résultat de tout ceci est que nous avons des gens qui croient
sans savoir ce qu'ils croient.
Dans beaucoup de cas ils n'ont aucune base doctrinale pour prendre
leur décision.
Ils ne savent pas ce que cela implique de s’engager pour Christ.
Ils n'ont jamais fait l’expérience du mystérieux et miraculeux
travail accompli par le Saint-Esprit lors de la régénération.
Et bien sûr nous avons entendu parler de certaines personnes
qui professent leur foi en se servant d’habiles techniques de vente du
gagneur d’âmes, ou bien d’autres personnes qui veulent faire plaisir
au jeune homme affable et courtois au sourire attirant, ou d’autres encore
qui veulent seulement se débarrasser de cet intrus religieux venu
s’ingérer dans leur vie privée. Satan rit quand on annonce
triomphalement ces conversions sur terre.
J'aimerais soulever plusieurs questions qui peuvent nous amener à
apporter quelques changements dans notre stratégie d'évangélisation.
Tout d’abord, pouvons-nous, en général, nous attendre
à ce que les gens s’engagent devant Christ d’une manière
intelligente la première fois qu’ils entendent l’Évangile?
Il y a certainement le cas exceptionnel où une personne a déjà
été préparée par le Saint-Esprit.
Mais, en général, le processus implique qu’il faille
d’abord semer le grain, puis l’arroser, et qu’il nous est donné
ensuite de pouvoir, parfois, faire la récolte plus tard.
Dans notre manie de conversion immédiate, nous avons oublié
que la conception, la gestation et la naissance ne se produisent pas le
même jour.
Une deuxième question : Est-ce que présenter l’Évangile
comme une pilule à avaler rend vraiment justice à un si grand
message?
En tant que personne ayant écrit plusieurs traités évangéliques,
je confesse qu’il est douteux, dans un certain sens, même d’essayer
de condenser la Bonne Nouvelle dans quatre petites pages.
Ne serions-nous pas plus sages de donner aux gens la présentation
tout entière du message telle qu’on la trouve dans les Évangiles
ou dans le Nouveau Testament ?
Troisièmement, est-ce que toute cette pression en vue de décisions
est vraiment scripturaire?
Où trouve-t-on dans le Nouveau Testament des gens jamais contraints
de professer leur foi?
Nous justifions notre pratique en disant que, si seulement une profession
de foi sur dix est authentique, alors elle vaut la peine.
Mais qu’en est-il des neuf autres, désillusionnés, amers,
peut-être trompés, en route vers l’enfer à cause d’une
fausse profession de foi ?
Je dois encore demander ceci : Est-il vraiment juste de se vanter
de toutes ces conversions ?
Vous avez rencontré l'homme qui vous parle solennellement des
dix personnes qu’il a contactées ce jour-là et qui vous dit
qu’elles ont toutes été sauvées.
Un jeune docteur a donné ce témoignage : chaque fois
qu’il va dans une nouvelle ville, il cherche dans l’annuaire téléphonique
les gens qui ont le même nom de famille que lui.
Il les appelle ensuite un par un et les conduit au salut par la méthode
des quatre pas.
Assez curieusement, chacun d'eux ouvre la porte de son coeur à
Jésus.... Je ne veux pas douter de l'honnêteté d’une
personne comme celle-ci, mais est-ce que j'ai tort de penser qu'ils sont
extrêmement naïfs?
Où sont tous ces gens qui sont sauvés ?
Ils sont trop souvent introuvables.
Tout ce que cela veut dire, c’est que nous devrions examiner de nouveau
sérieusement notre évangélisation au profil de pilule.
Nous devrions être disposés à passer du temps à
enseigner l’Évangile, à poser un solide fondement doctrinal
sur lequel la foi puisse être établie.
Nous devrions insister sur la nécessité de la repentance
: une volte-face complète vis à vis du péché.
Nous devrions insister sur toutes les conséquences de la Seigneurie
du Christ et sur les conditions pour être disciple.
Nous devrions expliquer ce que croire implique vraiment.
Nous devrions être disposés à attendre que le Saint-Esprit
produise une conviction authentique de péché.
Nous devrions être prêts ensuite à conduire la personne
à la foi salvatrice dans le Seigneur Jésus-Christ.
Si nous faisons ceci, nous aurons moins de chiffres astronomiques de
soi-disant conversions, mais plus de cas authentiques de renaissance spirituelle.
q
Auteur : un évangéliste inconnu.
Traduction : Pasteur Jim Henry (Ile Maurice)
Toutes les implications et la signification de l'Evangile
sont exposées magistralement dans l'épître
aux Romains.
Godet appelle l’épître aux Romains
“ la cathédrale de la foi chrétienne. ”
Calvin disait qu’elle “ ouvrait tous les trésors
des Écritures. ”
Luther l’appelait “ le livre le plus important
du Nouveau Testament. ”
On raconte que Chrysostome se la faisait lire une
fois par semaine.
Une étude
de cette épître, assez précise et détaillée,
mais à la portée de tous, fait partie du Cours Biblique
associé à la Revue Serviteur de Dieu,
avec de nombreuses autres études exégétiques et
doctrinales.
courriel : serviteur.de.Dieu@evangile.net
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